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Tous au chômage !


kissman08

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QUI VEUT UN JOB À 1 EURO DE L’HEURE ? C’EST PAS NOUS ! C’EST PAS NOUS !

« Car ils ne savent pas qu’à force de ne pas travailler, ils ne travailleront plus du tout... Ils seront tous au chômage ! » À quelques jours de Noël et les poches déjà pleines de cadeaux gouvernementaux, le patronat français continue à se faire de la bile. Serge Dassault (fabricant d’armes et magnat de la presse par la bonne grâce de papa) geint, se lamente, nous tance et nous menace. C’était en direct sur France Inter, le 10 décembre 2004, tôt le matin, alors que ces bras-cassés de chômeurs roupillent encore. Dassault : « C’est quoi, des idées saines ? Ben, c’est les idées qui font que ça marche... Euh, vous savez, par exemple, les idées de gauche sont des idées pas saines. Aujourd’hui nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche qui continuent... » Le journaliste : « Nous sommes en train de crever ? » Dassault : « Ben oui, oui, on y va tout droit : faut pas travailler, euh, il faut pas gagner beaucoup d’argent, faut partir en vacances... et après ? Hé ben, on fabrique plus de produits qui se vendent, ils sont trop chers... » Le journaliste : « Mais vous prenez des vacances, vous. Vous gagnez de l’argent. » Dassault : « Oh, j’en prends assez peu, j’en prends assez peu. Le problème c’est pas moi. Moi, vous savez, je travaille 70 heures ou plus par semaine, alors j’en suis loin des 35 heures. Euh..., quand je dis des idées pas saines, c’est des idées qui trompent le monde...en leur disant, en leur trompant la vérité (sic). Qu’est-ce que c’est que la vérité ? La vérité, c’est la vie. Et la vie, c’est ce qui marche. »

En Allemagne, par exemple, ça marche très fort. Là-bas, la gauche au pouvoir réinvente le travail obligatoire de façon plus énergique que ce pauvre Borloo. À quelques semaines de l’entrée en vigueur (janvier 2005) du plan « Harz IV » visant à lacérer un marché du travail déjà attendri au hachoir, une des premières mesures de ladite réforme est déjà en rodage : les « opportunités d’activité indemnisées », plus couramment appelées jobs à 1 euro. Le principe : cumuler aux allocs chômage un boulot de 30 heures par semaine rémunéré entre 1 et 2 euros de l’heure. Trente-trois mille jobs à 1 euro sont programmés pour 2005 dans la seule ville de Berlin, dont douze mille à des fins d’« évaluation », pour tester si leurs bénéficiaires sont encore capables de sortir du lit. Dassault : « Euh... aujourd’hui quand on pousse les gens à dire, euh... faut pas travailler, on est dans l’erreur. » Les feignasses qui resteront sous la couette seront donc sanctionnées dès le 1er janvier par une baisse de 30 % de leurs allocations, voire, dans le cas des moins de 25 ans, par une radiation pure et simple. Cette mise au pas n’a rien d’inédit : elle se place dans la lignée des emplois carcéraux et des travaux d’intérêt général. Ce qui est nouveau, c’est l’envergure du dispositif, dont la contrainte va peser sur des centaines de milliers de chômeurs, ainsi que ses horaires, proches d’un emploi à temps plein. Certes, les autorités proclament que ces jobs n’entreront pas en concurrence avec le marché de l’emploi « première classe », mais personne n’y croit sérieusement. Dassault : « Il faut quand même arrêter de rêver, alors ce que je dis, les idées pas saines... c’est de dire alors bon tout va bien, faut pas changer, les acquis sociaux, les 35 heures, gnagna... » La question, c’est de savoir si le recours massif à des travailleurs forcés s’avérera plus rentable que le salariat « à l’ancienne ». Soumettre et former des gens peu ou pas du tout motivés n’est pas sans risque pour le recruteur. Comment garantir l’obéissance aveugle d’un malgré-lui qui sait que son argent de poche est payé par l’État et non par son patron ? Loin de mettre la main à la poche, ce dernier reçoit 300 euros par mois pour chaque personne qu’il daigne faire trimer. Il est pas beau mon « contrat d’avenir » ? dirait Borloo. Et comme les patrons n’ont jamais la gueule assez pleine, le président du Medef allemand, Dieter Hundt, exige déjà que ces jobs ne soient payés qu’à hauteur de 50 centimes par heure... Dassault, encore : « Nous vivons dans la fiction. Et euh..., les journaux continuent la fiction. On ne vit pas seul, on vit dans un monde, on a la concurrence internationale, on a les Chinois. Les Chinois vont gagner la bataille économique, on va devenir un pays sous-développé... » Des gamines analphabètes enrôlées dans une usine-caserne de Canton, dormant sur des paillasses à l’ombre des machines, voilà le défi lancé à l’Europe par la compétitivité chinoise. Réjouissons-nous d’apprendre que Dassault, membre éminent du Medef et député-maire UMP, est prêt à relever ce défi. Faute de quoi : « ...hé bien, la France va tout droit à un chômage généralisé. Il faut le savoir, c’est ça que moi j’appelle la réalité et pas la fiction, parce que c’est la vérité, parce que nous sommes en train de descendre vers un gouffre, parce qu’on vit dans... dans le rêve. »

Le rêve, avec les jobs à 1 euro, c’est qu’ils boutent les chômeurs non seulement hors des statistiques mais aussi hors du droit du travail. Une grève sera considérée comme un refus d’obtempérer et sanctionnée en conséquence. D’un autre côté, on voit mal en quoi la perspective d’un licenciement devrait les effrayer. Ni en quoi ils seraient tenus d’effectuer un travail irréprochable : une maladresse peut toujours se commettre, une machine tomber en panne, une livraison se perdre dans la nature... Les chômeurs n’ont-ils pas une longue expérience dans l’art d’ignorer les injonctions d’un supérieur ? Bref, nous sommes curieux de voir le résultat. Ce qui est sûr, c’est que la prochaine génération sera parfaitement rodée aux petites tricheries avec les bureaux de placement. Alors, pour parfaire la mise sous pression, on pourra importer des morts de faim exotiques en CDD, comme le suggère Villepin (Libé, 11/12/04), et même les faire bosser au taux de rémunération en cours dans le pays d’origine, comme s’apprête à le pratiquer l’agriculture allemande avec les journaliers polonais... « Tous doivent pouvoir, sous des formes adaptées, retrouver le chemin de l’activité, aussi modeste soit-elle », insinue le Plan Borloo. Et pour ceux qui rechignent, des sanctions « justes et graduées ». « Ben oui, oui, confirme Dassault, on y va tout droit. »

Publié dans CQFD n°18, décembre 2004.

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Ben je pense que la réponse viable, la seule qui me vienne à l'esprit pour qualifier les barons du patronnat (pas touts les patrons, il y en a des biens, qui cherchent réellement à faire progresser les choses pour le bien de l'entreprise et des salariés), ça tiens en deux mots:

"Bande d'enculés"

Non je ne me censure pas, ces deux petits mots ne devraient pas effrayer, les idées de mecs comme Dassault si. Pourtant lui on va lui faire des courbettes.

Facile pour un mec qui détient, non par son propre travail ou son talent, mais PAR HERITAGE une entreprise qui est le fournisseur quasi-exclusif de l'armée de l'air en terme d'avions de chasse. (d'ailleurs, pourquoi a t'on préféré le Rafale, qui coute une fortune au contribuable au dépend de l'eurofighter, fruit de la coopération européenne? Hein? Pourquoi?)

L'atitude de Schroder fait à mon avis le lit de la monté actuelle de l'extreme droite en allemagne, voir que la gauche propose des plans digne des phantasmes les plus extremes de Sellieres en France, on comprend que les gens soient déboussolés et se tournent vers des partis proposant des solutions simplistes et populiste.

La comparaison avec la Chine est à se rouler par terre...

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Bande d'enculés

ça en fait trois :transpi: ...

ce sont trois mots qui vont bien ensemble dans ce contexte...

<serge dassault>

Je n'aime pas ce qu'a dit tout à l'heure Alain Duhamel, "l'alternative socialiste". Il n'y a pas d'alternative socialiste. Les socialistes ont créé la décadence en France…

<le journaliste>

Carrément !

<S. D.>

... par leur système où il ne faut pas travailler, où il n'y a pas de discipline, où il faut laisser faire n'importe quoi. Il ne faut pas de punition, il faut se marier avec n'importe qui... Enfin c'est n'importe quoi !

<jounrnaliste>

Les socialistes ne sont plus au pouvoir depuis près de trois ans.

<S D>

Oui mais on continue malheureusement à faire la même chose. Parce qu'on ne veut pas revenir et on ne peut pas revenir, parce qu'il faut quand même savoir que notre France aujourd'hui est totalement bloquée. Bloquée intellectuellement, bloquée idéologiquement. Il suffit de voir les petites mesures de Raffarin, enfin les mesures qu'il a tenté de faire pour résoudre un certain nombre de problèmes. Immédiatement : grève dans les hôpitaux, grève dans les écoles, grève à la SNCF, grève à l'EDF, n'importe quoi. On est un pays bloqué, figé, complètement structuré de façon à ne rien changer. C'est ça la gauche, c'est ça les socialistes. On ne change rien, on reste comme ça. On va tous crever. Point. C'est tout !

<journaliste>

Serge Dassault, s'il faut changer, si on ne peut pas changer, ou si on n'arrive pas à changer, c'est la responsabilité des politiques.

<S D>

Non parce que l'opinion publique n'est pas préparée à ça. L'opinion publique n'a pas encore compris que la gauche est en train de ruiner la France.

<journaliste>

... non mais la gauche n'est plus au pouvoir Serge Dassault ! On ne va pas attaquer la gauche ce matin, on va parler de l'UMP, de Nicolas Sarkozy, de Jacques Chirac.

<S D>

On est encore dans un système où on ne change rien ! On ne change rien, parce qu'on ne peut rien changer, parce que l'opinion publique n'a rien compris au problème ! Quand on dit : il faut supprimer les 35 heures, comme dit Sarkozy. Immédiatement, tout le monde pousse des cris. "Ultralibéralisme de Raffarin", je ne vois pas très bien où il est l'ultralibéralisme. Un petit peu, pas assez. On n'a pas encore compris qu'il n'y a pas de problème gauche/droite. Il y a un problème de savoir : qu'est-ce qu'il faut faire pour résoudre l'économie ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour créer des emplois ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour que les entreprises embauchent ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour que les entrepreneurs soient suffisamment motivés pour rester en France ? On n'a rien de tout ça aujourd'hui ! On n'a pas la flexibilité de l'emploi ! On n'a pas la réduction des impôts qu'on est les seuls à supporter en France. Alors qu'est-ce qui se passe ? Les gens qui travaillent, les gens qui créent des emplois s'en vont ! Et un beau jour il n'y aura plus que des chômeurs en France.

je savais pas que ce mec il en tenait une sacré couche à ce point... :reflechis:

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"S.D: Je n'aime pas ce qu'a dit tout à l'heure Alain Duhamel, "l'alternative socialiste". Il n'y a pas d'alternative socialiste. Les socialistes ont créé la décadence en France…

RTL: Carrément !

S.D: ... par leur système où il ne faut pas travailler, où il n'y a pas de discipline, où il faut laisser faire n'importe quoi. Il ne faut pas de punition, il faut se marier avec n'importe qui... Enfin c'est n'importe quoi ! "

Si je dis que je suis d'accord avec lui je m'en prends une ? :reflechis:

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"S.D: Je n'aime pas ce qu'a dit tout à l'heure Alain Duhamel, "l'alternative socialiste". Il n'y a pas d'alternative socialiste. Les socialistes ont créé la décadence en France…

RTL: Carrément !

S.D: ... par leur système où il ne faut pas travailler, où il n'y a pas de discipline, où il faut laisser faire n'importe quoi. Il ne faut pas de punition, il faut se marier avec n'importe qui... Enfin c'est n'importe quoi ! "

Si je dis que je suis d'accord avec lui je m'en prends une ? :reflechis:

une ??

batte dans le ***

oui :transpi:

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bon, quand j'aurai un moment je lirais vos liens :reflechis:

Comme celui que tu as donné sur le P2P et la copie privée :transpi:

Les autres : Franchement ce n'est pas ce qui me fait le plus peur.

Est-ce qu'il faut changer de président pour changer l'opinion Serge Dassault ?

Il faut changer d'état d'esprit.

[...]

... il n'y a que l'alternative libérale. C'est la seule qui marche. C'est la seule qui compte. Et si on veut créer des emplois il faut ça, c'est tout.

Vous êtes à la tête de la SocPresse depuis six mois maintenant Serge Dassault.

Oui.

[/i]Vous êtes un homme heureux, un homme de presse heureux ?[/i]

Oh vous savez, maintenant les gens qui lisent le journal correctement... donc on attend...

Qu'est-ce qui a changé au Figaro ? Beaucoup de choses ont changé d'après vous ?

J'ai changé de directeur, j'ai changé la direction, j'ai changé le rédacteur en chef. Donc tout va bien...

Tout va bien. Le chantier est terminé...

C'est pas terminé, parce que là aussi il faut changer les choses. Il faut que le journal continue aussi à dire la vérité, à parler de ce qui se passe, à dire ce qu'il faudrait faire aux Français. C'est comme un médecin qui donne un médicament qui est mauvais, alors on ne le prend pas, on crève, bon. Eh bien il faut prendre le médicament.

Vraiment effrayant !!

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Si je dis que je suis d'accord avec lui je m'en prends une ? :reflechis:

ben chacun ces idées, mais je trouve ça un peu fort de punir des gens qui au départ on la grande chance de faire partie des personnes virées pour cause de rentabilité pas assez forte...

quand au theme du mariage, je vois pas en quoi les gens n'aurait pas le droit de se marier avec n'importe qui, ça s'appelle la tolérance...

enfin chacun pense ce qu'il pense... :transpi:

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"S.D: Je n'aime pas ce qu'a dit tout à l'heure Alain Duhamel, "l'alternative socialiste". Il n'y a pas d'alternative socialiste. Les socialistes ont créé la décadence en France…

RTL: Carrément !

S.D: ... par leur système où il ne faut pas travailler, où il n'y a pas de discipline, où il faut laisser faire n'importe quoi. Il ne faut pas de punition, il faut se marier avec n'importe qui... Enfin c'est n'importe quoi ! "

Si je dis que je suis d'accord avec lui je m'en prends une ? :reflechis:

Je lui ai déjà dit à ta copine qu'elle s'était mariée avec n'importe qui, mais... :transpi:

Sinon je ne vois pas trop comment tu peux être d'accord, il n'a rien dit, seul un débile mental peut dire une chose pareille (je parle surtout de la forme, encore un Numérobis tien, faudrait qu'il réfléchisse un peu à ce qu'il dit il mélange tout le pauvre Serge...).

Après sur le fond, séparé (et pas complètement mélangé...), ça dépend des opinions...

Mais bon, à partir du moment où le gars mélange tout, sa crédibilité pour moi est de zéro, peu importe (et pas peuT importe :craint: ) s'il est riche et s'il a du pouvoir ou non...

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"S.D: Je n'aime pas ce qu'a dit tout à l'heure Alain Duhamel, "l'alternative socialiste". Il n'y a pas d'alternative socialiste. Les socialistes ont créé la décadence en France…

RTL: Carrément !

S.D: ... par leur système où il ne faut pas travailler, où il n'y a pas de discipline, où il faut laisser faire n'importe quoi. Il ne faut pas de punition, il faut se marier avec n'importe qui... Enfin c'est n'importe quoi ! "

Si je dis que je suis d'accord avec lui je m'en prends une ? :transpi:

je parlais QUE de cette phrase... pas du reste... :reflechis:

faut pas me faire dire ce que j'ai pas dis... :craint:

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Il veut quoi comme slogan au fronton des usines ce mec?

"Arbeit macht frei"?

Est ce que ce connard (qui entre nous à de sérieuses lacune en syntaxes) travaillerait pour UN EURO DE L'HEURE? NON! Alors qu'il ne viennent pas dire aux autre de l'accepter.

décidément, on a la droite la plus bête du monde... (mais un mec de droite peut il etre intelligent? Franchement j'ai des doutes. Il y a des gros cons a gauche aussi, mais sur le lot on trouve encore des gens sinceres.)

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